L’ÉTHIQUE POLITIQUE : ASSUMER CE QUE L’ON A ACCEPTÉ – PAR THIERNO LO

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Une fonction donne des responsabilités ; elle ne donne pas le droit de réécrire son propre passé.

La politique ne peut pas être uniquement une affaire de rapports de forces, de communication et de positionnement.

Elle doit aussi être une affaire d’éthique.

Max Weber distinguait l’éthique de conviction de l’éthique de responsabilité.

Cette distinction devrait être méditée par tous ceux qui exercent ou aspirent à exercer des responsabilités publiques.

L’homme politique ne doit pas seulement demander :

« Qu’est-ce que je pense ? »

Il doit aussi se demander :

« Quelles sont les conséquences de ce que je fais, de ce que j’accepte et de ce que je tais ? »

C’est là que commence la responsabilité.

Lorsqu’on accepte une fonction, on accepte également les décisions qui sont prises dans le cadre de cette fonction.

Lorsqu’on conseille un pouvoir, lorsqu’on le sert, lorsqu’on bénéficie de sa confiance, on ne peut pas, après une rupture, faire comme si l’on avait été totalement extérieur à ce qui s’est passé.

On peut partir.

On peut désapprouver.

On peut rompre.

Mais on doit assumer son propre parcours.

Le véritable courage politique n’est pas de parler lorsque le rapport de forces a changé.

Le véritable courage est de parler lorsque sa parole peut coûter quelque chose.

C’est lorsque votre propre camp commet une erreur que votre voix doit pouvoir s’élever.

C’est lorsque votre propre famille politique prend une mauvaise décision que vous devez avoir le courage de dire non.

Sinon, la critique risque de devenir une simple stratégie de repositionnement.

Et c’est précisément ce qui abîme la confiance.

Nous avons besoin d’hommes et de femmes capables de dire :

« J’étais là. J’ai accepté cela. Aujourd’hui, avec le recul, je considère que c’était une erreur. »

Cette phrase demande du courage.

Mais elle inspire le respect.

Parce qu’en politique comme dans la vie, assumer ses erreurs grandit un homme davantage que de chercher à les effacer.

La politique a besoin de convictions.

Mais elle a encore davantage besoin de responsabilité.

Elle a besoin de courage.

Elle a besoin de loyauté.

Elle a besoin d’humilité.

Et surtout, elle a besoin de sincérité.

Les fonctions passent. Les gouvernements passent. Les majorités passent.

Mais la parole d’un homme public devrait conserver sa valeur.

Thierno lo
Le Républicain Libre

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