INONDATIONS : DES PUISSANCES MONDIALES AUX INFRASTRUCTURES DE MILLIARDS DE FRANCS CONFRONTÉES À UNE SITUATION PIRE QUE LE SÉNÉGAL
Les images des inondations qui frappent actuellement le Sénégal sont impressionnantes et douloureuses. Elles suscitent naturellement des interrogations, de la colère et beaucoup d’inquiétude.
Cependant, cela ne signifie pas que ni les autorités présentes ni les régimes anciens n’ont pas travaillé.
Pour comprendre la pleine mesure de ce phénomène, il convient de regarder la situation avec lucidité, recul et objectivité : ces catastrophes ne sont malheureusement pas une réalité exclusivement sénégalaise.
L’EXEMPLE DE L’ESPAGNE : QUAND LE DÉVELOPPEMENT NE SUFFIT PLUS À ARRÊTER L’EAU
Regardons ce qui vient de se passer en Espagne. Ce pays dispose pourtant d’infrastructures modernes, de moyens financiers considérables, de réseaux d’assainissement hautement développés et d’importants dispositifs de protection civile.
Pourtant, durant ces derniers jours, de violentes pluies ont provoqué des inondations catastrophiques dans plusieurs régions espagnoles, notamment en Catalogne où l’alerte rouge a été déclenchée.
Des maisons ont été envahies par les eaux, des véhicules emportés, des cours d’eau sont sortis de leur lit, et comme ces quatre (3) personnes décédées au Sénégal, plusieurs personnes ont aussi malheureusement perdu la vie en Espagne, suite à ces inondations.
À certains endroits, les pluies ont dépassé 200 litres par mètre carré, illustrant la violence extrême de ce phénomène.
L’Espagne n’a-t-elle pas investi dans la lutte contre les inondations ? Bien sûr que si.
Le pays possède des moyens considérables en matière d’urbanisme, de barrages, de surveillance météorologique et d’alerte précoce. Et pourtant, lorsque des quantités d’eau exceptionnellement importantes tombent en quelques heures, aucune infrastructure humaine ne peut garantir le risque zéro.
LE DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE CHANGE LES RÈGLES DU JEU
Le véritable défi auquel nous sommes désormais confrontés dépasse la simple gestion locale. La question n’est plus seulement de savoir si un pays possède suffisamment de caniveaux, de bassins de rétention ou de stations de pompage. Il s’agit de comprendre que certaines infrastructures peuvent être dépassées par des phénomènes dont l’intensité excède les références historiques ayant servi à leur conception.
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) établit clairement que le réchauffement climatique rend les épisodes de précipitations extrêmes plus fréquents et plus intenses.
QUELLE LEÇON ET QUELLE FEUILLE DE ROUTE POUR LE SÉNÉGAL ?
La leçon pour notre pays est simple : nous devons continuer à investir massivement, tout en acceptant que même les nations les plus riches peuvent être débordées par la nature.
Le Sénégal a déjà engagé des investissements importants dans la prévention et la gestion des inondations, à l’image du Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (PROGEP). Il faut désormais faire mieux, plus vite et de manière plus cohérente.
Mais il faut surtout cesser de faire croire aux populations qu’un État, même avec des milliards investis, peut totalement régler ce phénomène des inondations.
L’argent permet de réduire considérablement le risque, de protéger les vies et d’accélérer les secours.
Il ne peubrien permet contre les phénomènes naturels.
En conclusion, poursuivons nos efforts sans relâche en misant sur la prévention, l’aménagement du territoire et la solidarité nationale, sans politique politicienne et sans couleurs de partis.
Devant la détresse des familles, des enfants, des personnes âgées, des travailleurs et des citoyens qui perdent leurs biens et parfois leurs proches, fuyons les polémiques stériles.
J’adresse mes pensées fraternelles et ma solidarité la plus sincère à toutes les victimes et à tous les sinistrés des inondations au Sénégal, ainsi qu’aux populations touchées en Espagne et dans les autres pays confrontés actuellement à ces phénomènes extrêmes.
Que Dieu protège nos populations, soulage les familles éprouvées et donne aux autorités ainsi qu’aux services de secours la force et les moyens nécessaires pour faire face à cette situation.
Me Diaraf SOW
Membre fondateur du parti Kiiraay Les Patriotes Républicains
Membre de la Structure Cadres Think Tank Membre de la Task Force Communication et du Collectif Digital KIIRAAY
