Subventions, salaires, croissance : ce que le blocage du budget 2026 coûtera aux Sénégalais

0
IMG-20261020-WA0060

La tension monte d’un cran entre l’exécutif et le législatif autour de la loi de finances rectificative 2026. Ousmane Sonko a annoncé que Pastef ne voterait pas le texte en l’état, dénonçant notamment la baisse des subventions pétrolières, qui passeraient de 790 à 552 milliards FCFA, soit une chute de 30 %. Une position qui fait réagir jusqu’au sein de la majorité.

Pape Demba Ndiaye, coordinateur du parti En Marche pour la Renaissance du Sénégal (MPR) du Président Hamidou Thiaw, s’interroge sur les conséquences pour le peuple sénégalais dans cette guéguerre entre l’exécutif et le législatif. « Puisque chacun assure défendre le peuple, j’aimerais comprendre ce que celui-ci gagne à les voir se disputer les arbitrages d’un programme qu’ils avaient présenté ensemble », questionne-t-il, reprenant les interrogations soulevées par l’essayiste Ahmedū Thiam.

Des subventions dans le viseur

Le motif immédiat du blocage est la réduction drastique des subventions aux produits pétroliers, condition posée par le FMI dans le cadre de son programme de 2,2 milliards de dollars. Sonko estime que cette mesure se traduira directement par une hausse des prix à la pompe — le diesel pourrait dépasser son prix actuel de 755 FCFA le litre — et, en cascade, par un renchérissement du coût de la vie pour les ménages.

Face à ces critiques, le conseiller présidentiel Aldiouma Sow accuse le Premier ministre de faire passer ses intérêts personnels avant l’intérêt général, avertissant d’un risque de difficultés de paiement des salaires des fonctionnaires et de licenciements en cas de blocage budgétaire.

Une contradiction pointée du doigt

L’auteur du texte initial relève une ironie troublante : la « Vision Sénégal 2050 » de Sonko prévoyait déjà un « reprofilage de la dette » et une baisse des subventions énergétiques sous 1 % du PIB à l’horizon 2029. « Ce serait utile qu’il explique ce qui distingue les arbitrages qu’il défendait alors de ceux qu’il juge aujourd’hui inacceptables », écrit-il.

Le texte souligne également que le projet de budget actuel table sur une croissance de 2,4 % en 2027, contre 5,4 % annoncés dans la stratégie gouvernementale. Les circonstances ont changé ; restent à préciser quelles promesses tiennent encore et avec quels moyens.

Le Parlement, rempart ou blocage ?

Pour Pape Demba Ndiaye, le débat doit dépasser la confrontation politicienne. « Le Parlement doit pouvoir contrôler les choix du gouvernement, demander les engagements précis et obtenir des corrections », plaide-t-il, rappelant que la Vision Sénégal 2050 annonçait le « renforcement de l’équilibre des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ».

En attendant, les conséquences sont concrètes : la stratégie de financement des risques climatiques décrit déjà des délais de décaissement susceptibles d’entraver les interventions auprès des populations. Le yoyo politique risque d’allonger encore le trajet.

Et pendant que les deux camps s’affrontent à coups de déclarations, c’est tout un pays qui attend, dans la salle d’attente, de savoir qui cédera le premier.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *