MACKY SALL : L’AUDACE D’ESPÉRER, LA DIGNITÉ DE SE RETIRER, LE DEVOIR DE RECONSTRUIRE
Quand la haine aveugle, elle abaisse ceux qui la nourrissent. Quand le discernement l’emporte, il nous rappelle l’essentiel : la République, la dignité humaine et l’avenir de notre pays.
Pendant que nos compatriotes affrontent le chômage, la précarité, les difficultés d’accès aux soins et à l’éducation, les inondations et l’agonie de pans entiers de notre secteur privé, certains préfèrent la haine au débat et les règlements de comptes à la recherche de solutions.
Macky Sall a osé porter une ambition internationale. Son parcours, son classement et la reconnaissance acquise au cours de cette campagne honorent le Sénégal et l’Afrique. Son retrait n’efface ni l’audace de sa candidature ni la portée de son engagement.
Comme le rappelait Nelson Mandela, le courage ne consiste pas à ne jamais avoir peur, mais à triompher de ses peurs. Il faut du courage pour entreprendre, mais aussi de la dignité pour tirer les leçons d’une épreuve sans renoncer à ses convictions.
Cher ami Macky, j’ai été fier de vous avoir accompagné dans cette aventure. Les mots de reconnaissance que vous avez bien voulu m’adresser me sont allés droit au cœur. Je les ai sincèrement appréciés, et leur écho demeure présent.
Aujourd’hui, le combat continue. Non contre des compatriotes, mais contre les injustices, la pauvreté, le chômage et le découragement. Le Sénégal a besoin de républicains capables de dépasser leurs personnes pour servir une cause plus grande qu’eux.
Comme nous l’enseigne Amartya Sen, le développement ne se réduit pas aux richesses produites : il se mesure aussi aux libertés réelles et aux possibilités offertes aux citoyens. C’est à cette aune que nous devons juger nos politiques publiques.
Je reste convaincu que les trois années qui nous séparent de 2029 doivent être celles des réformes, des corrections et d’un véritable débat économique. Notre pays doit retrouver le chemin de la production, protéger ses entreprises, soutenir ses ménages et préparer l’avenir.
En 2029, nous devrons choisir un programme crédible, des compétences éprouvées et des femmes et des hommes capables de le mettre en œuvre. Le choix d’un homme sans programme ne saurait tenir lieu de projet de société.
L’histoire ne retiendra pas nos rancœurs, mais ce que nous aurons construit. Macky Sall a ouvert une voie et démontré qu’un Africain pouvait porter une ambition de cette dimension. À nous, désormais, de transformer l’audace d’espérer en volonté d’agir.
Cher ami, les pressions de quelques groupes, si bruyantes soient-elles, ne doivent ni nous détourner de l’essentiel ni nous faire perdre notre sérénité.
La République au-dessus de nos personnes. La patrie avant les partis. Le débat plutôt que la haine. Le programme plutôt que les ambitions personnelles.
C’est ainsi que nous pourrons réarmer moralement nos compatriotes, reconstruire la confiance et remettre le Sénégal sur la voie du progrès.
Thierno LO/Le Républicain Libre
