Sénégal : les langues nationales, un levier d’accès au savoir scientifique, selon Moustapha Guirassy

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Les langues nationales ne sont pas seulement un patrimoine culturel à préserver. Elles constituent également un puissant levier d’accès au savoir, à la science et à l’innovation. C’est la conviction défendue, mardi, par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, à l’ouverture d’un atelier consacré au bilan du projet « SENTERMINO », une initiative visant à traduire des terminologies scientifiques et techniques en langues nationales.

« Votre engagement témoigne d’une conviction forte, selon laquelle nos langues nationales constituent non seulement un patrimoine culturel à préserver, mais également un puissant levier d’accès au savoir, à la science et à l’innovation », a déclaré le ministre.

Initiée par l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN), l’École supérieure polytechnique (ESP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), en partenariat avec l’UNESCO, cette initiative entend lever les barrières linguistiques qui entravent parfois l’apprentissage des sciences et des techniques.

Pour Moustapha Guirassy, la langue d’enseignement demeure un enjeu majeur dans de nombreux systèmes éducatifs. Il estime qu’un apprentissage fondé sur la langue que l’élève maîtrise le mieux favorise une meilleure compréhension des concepts, une participation plus active en classe et des apprentissages plus solides.

Le ministre a notamment mis en avant quatre contributions majeures du projet : faciliter l’enseignement et l’apprentissage des sciences en langues nationales, préserver et valoriser le patrimoine linguistique sénégalais, soutenir la recherche scientifique et technologique et renforcer l’équité dans l’accès aux connaissances.

Sur le plan scientifique et technologique, SENTERMINO ouvre également des perspectives dans la traduction, la production de contenus pédagogiques et le développement d’outils numériques adaptés aux langues nationales.

Lancé en 2025, le projet affiche déjà des résultats encourageants. Le directeur régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest, Dimitri Sanga, a fait état de plus de 5 000 termes recensés sur la plateforme, saluant le travail accompli par les différentes parties prenantes.

« Ces résultats témoignent de l’engagement, de la rigueur et de la qualité du travail accompli », a-t-il souligné, tout en insistant sur la nécessité de faire de SENTERMINO un outil utile et durable.

De son côté, la coordonnatrice du projet et cheffe du laboratoire de linguistique de l’IFAN, Adjaratou Omar Sall, s’est félicitée de la validation de plus de 5 000 termes scientifiques et techniques.

Développé initialement en wolof, en pulaar et en sérère, le projet couvre cinq domaines scientifiques et a permis la production de six ouvrages. Le manding a également été intégré au dispositif.

Pour la période 2027-2029, les responsables ambitionnent d’élargir le champ disciplinaire aux domaines du droit, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et du numérique. L’objectif affiché est de porter à 28 000 le nombre de termes scientifiques et techniques traduits.

À travers SENTERMINO, les initiateurs entendent ainsi faire des langues nationales de véritables instruments de transmission du savoir et de démocratisation de l’accès aux connaissances scientifiques. 

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