Assemblée nationale : les députés rejettent la LFR, réaction du Gouvernement

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Ce mardi, les députés ont officiellement rejeté le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’année 2026, renvoyant le texte au gouvernement sans aucun débat sur le fond. Le verdict des urnes dans l’hémicycle est sans appel : 109 voix pour le rejet, 20 contre et 3 abstentions. Ce vote valide la « question préalable » soulevée par le député Amadou Ba, scellant le troisième revers consécutif pour ce texte financier, après deux blocages successifs lors des travaux en commission.

Pour le groupe parlementaire majoritaire Pastef, l’adoption de ce budget modifié était inenvisageable en l’état. Les députés invoquent principalement un « manque de sincérité budgétaire », contestant la fiabilité des prévisions de recettes et de dépenses présentées par l’équipe gouvernementale.
Selon les déclarations de la majorité, le déficit budgétaire affiché à 7,6 % du PIB serait surévalué.
Les parlementaires pointent également une « opacité persistante » autour des chiffres de la dette publique et exigent, avant tout examen, la publication de rapports d’audits financiers clés, notamment ceux de l’Inspection générale d’État (IGE) et du cabinet Forvis Mazars.

Face à ce rejet, le ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, a vivement réagi. Le représentant de l’exécutif a fustigé une décision guidée par des motivations purement politiques, estimant que les arguments techniques avancés par les partisans d’Ousmane Sonko ne sont que des prétextes pour paralyser l’action gouvernementale.

Réagissant à l’adoption d’une question préalable par les députés du Pastef (menés par Amadou Ba) pour couper court aux délibérations, Cheikh Diba a rejeté l’argument du manque de sincérité budgétaire avancé par les parlementaires. Il a vertement critiqué leur démarche en lançant en tribune : « So leen bëggè daw débat bi, daw leen » (Si vous voulez fuir le débat, fuyez), affirmant que le véritable enjeu ne résidait pas dans la sincérité des chiffres mais dans la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES).

Le ministère rappelle que ce rejet prolonge l’incertitude budgétaire, menace directement la trésorerie de l’État, retarde le règlement de dépenses prioritaires (comme les arriérés dus au secteur privé) et complique la finalisation des programmes d’aide financière négociés avec le Fonds monétaire international (FMI).

Malgré ce blocage législatif, Cheikh Diba s’est voulu rassurant quant aux conséquences institutionnelles. Il a affirmé avec conviction : « Le président de la République, sans ambages, je sais qu’au nom de sa responsabilité, prendra les dispositions qu’il faut pour que les dispositions importantes du PLFR soient exécutées ».

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