Droits de l’homme en Afrique : Le Sénégal appelle à passer des normes à l’effectivité

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À l’occasion de l’ouverture de la 89e session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), ce 12 octobre, le ministre sénégalais de la Justice, Maître Moussa Sarr, a livré un diagnostic sans complaisance sur l’état des droits de l’homme sur le continent. Représentant le Chef de l’État, il a placé le débat sous le signe de l’action concrète.

« Un système de protection ne se mesure pas au nombre de ses textes ou de ses sessions. Il se mesure à ce qu’il change concrètement dans la vie des personnes », a-t-il martelé, estimant qu’une recommandation restée sans suite ou un arrêt non exécuté affaiblissait la confiance des citoyens.

Au nom du Président Bassirou Diomaye Faye, Maître Sarr a dégagé cinq chantiers prioritaires pour la Commission. Le premier concerne la mise en œuvre des décisions, qui exige un dialogue constant entre les États et la Commission, mais aussi une appropriation de la jurisprudence africaine par les juges nationaux. Le Sénégal a annoncé vouloir inscrire dans la durée la dynamique de l’atelier régional tenu à Dakar en juillet dernier sur cette question.

La deuxième priorité touche à la protection de l’espace civique. Le ministre a insisté sur le rôle crucial des institutions nationales des droits de l’homme et des organisations de la société civile, dont l’indépendance est « le gage de leur crédibilité ».

La justice sociale et économique constitue le troisième pilier de son propos. Il a rappelé le principe d’indivisibilité des droits, soulignant que les droits civils et politiques perdent leur substance sans accès à l’éducation, à la santé et à l’emploi. Il a saisi cette occasion pour annoncer que Dakar accueillerait, à partir du 31 octobre, les Jeux Olympiques de la Jeunesse, premier événement du genre organisé en Afrique.

Enfin, après avoir plaidé pour l’indépendance de la justice et évoqué les Assises de la Justice convoquées par le Président, Maître Sarr a appelé à une régulation africaine de l’intelligence artificielle et à une meilleure prise en compte des effets du changement climatique et de l’apatridie sur les droits humains.

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