LFR 2026 : Abdoulaye Wilane dénonce les fractures au sein du pouvoir

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Le rejet du projet de loi de finances rectificative 2026 en commission parlementaire continue d’alimenter le débat politique. Pour Abdoulaye Wilane, porte-parole du Parti socialiste, cet épisode révèle les divisions au sommet de l’État et fait peser des incertitudes sur la conduite des affaires publiques. Il dénonce une bataille de pouvoir dont les Sénégalais risquent de payer le prix.

Le rejet en commission du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 ouvre une nouvelle séquence de tensions au sein du pouvoir. Alors que le gouvernement défend ses arbitrages budgétaires, les députés de PASTEF, majoritaires à l’Assemblée nationale, ont rejeté le texte en commission des Finances et du Contrôle budgétaire. Une décision qui intervient après les déclarations d’Ousmane Sonko annonçant que son parti ne voterait pas la LFR en l’état.

Cette situation suscite une vive réaction d’Abdoulaye Wilane. Dans une tribune au ton offensif, le porte-parole du Parti socialiste y voit le symptôme d’une crise politique interne, désormais susceptible d’affecter le fonctionnement de l’État. « Le pouvoir rejette le budget du pouvoir », résume-t-il, dénonçant une contradiction entre un gouvernement qui défend son projet et une majorité parlementaire qui le conteste.

Pour le responsable socialiste, les divergences entre les différentes composantes du pouvoir ne peuvent plus être considérées comme de simples désaccords politiques. Il s’interroge notamment sur la cohérence de l’action gouvernementale et sur la capacité des autorités à parler d’une seule voix sur les grandes orientations économiques et budgétaires du pays.

« Qui gouverne ? » La question traverse toute son argumentation. Abdoulaye Wilane rappelle que PASTEF et le gouvernement appartiennent au même camp politique issu de l’alternance de 2024. Il estime dès lors que les responsables au pouvoir ne peuvent se renvoyer mutuellement la responsabilité des difficultés sans assumer leur part dans les décisions publiques.

Au-delà du bras de fer autour de la LFR, le porte-parole du Parti socialiste évoque une possible recomposition des rapports de force entre les partisans d’Ousmane Sonko et la mouvance présidentielle associée à Bassirou Diomaye Faye. Il avance l’hypothèse d’une bataille de positionnement en perspective des prochaines échéances électorales, tout en reconnaissant ne pas connaître les intentions réelles des différents acteurs.

Mais c’est surtout sur les conséquences économiques et sociales de cette confrontation que le responsable socialiste insiste. Dans un contexte marqué, selon lui, par les difficultés du pouvoir d’achat, les contraintes budgétaires, les attentes des entreprises et les préoccupations liées à l’emploi des jeunes, il appelle les autorités à privilégier la cohérence et la responsabilité.

L’issue de l’examen parlementaire de la LFR 2026 reste donc déterminante pour la suite du processus budgétaire. En attendant, Abdoulaye Wilane réclame des explications claires sur les divergences entre le gouvernement et sa majorité. Son message est sans équivoque : les rivalités politiques ne doivent pas prendre le pas sur les préoccupations quotidiennes des Sénégalais.

Pour le porte-parole du Parti socialiste, l’urgence n’est pas de préparer les prochaines échéances électorales, mais de répondre aux attentes d’une population confrontée à des difficultés économiques persistantes.

Par Aliou Badara DIENG

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