Réinsertion des détenus : Dakar au cœur des réflexions sur l’accompagnement avant et après la prison

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La réinsertion sociale des détenus et la prévention de la récidive avaient été au cœur d’une conférence régionale organisée à Dakar les 29 et 30 octobre 2026. Initiée par l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP), en partenariat avec l’Institut régional de Zurich (IRZ), la rencontre avait réuni des experts pénitentiaires, des magistrats, des universitaires et des représentants de plusieurs pays autour des enjeux de l’accompagnement des personnes détenues, avant et après leur libération.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, avait insisté sur la nécessité d’anticiper la réinsertion dès le début de l’incarcération. « La porte de la prison peut s’ouvrir en une seconde, mais il faut parfois des années pour rebâtir une vie », avait-il déclaré.

Pour le garde des Sceaux, la préparation à la réinsertion devait commencer dès l’incarcération, se poursuivre pendant toute la détention et se prolonger après la libération grâce à des mesures d’accompagnement adaptées. Il avait notamment mis en garde contre les risques d’isolement auxquels les personnes libérées peuvent être confrontées, une situation susceptible de favoriser la récidive.

« Ma réinsertion n’efface pas la peine. Toutefois, elle donne un sens à l’après-peine », avait souligné Me Moussa Sarr, mettant en avant la nécessité de concilier l’exécution de la sanction pénale avec la préparation au retour à la vie sociale.

Le ministre avait également lancé un appel aux magistrats, tout en rappelant le respect de leur indépendance. « Dans le plein respect de leur indépendance, j’invite les magistrats à y recourir pleinement lorsque les conditions légales sont réunies, sans préjudice des droits des victimes ni des exigences de la sécurité publique », avait-il déclaré, plaidant pour un recours accru aux mécanismes légaux favorisant la réinsertion.

Au-delà de la période d’incarcération, cette conférence régionale avait ainsi mis en lumière l’importance d’un accompagnement durable des anciens détenus. L’objectif est de faciliter leur retour dans la société, de réduire les risques de marginalisation et de prévenir la récidive. Une démarche qui suppose une mobilisation coordonnée des acteurs judiciaires, pénitentiaires et sociaux afin de donner aux personnes libérées de réelles perspectives de reconstruction.

Par Aliou Badara Dieng

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